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Lutte contre la violence dans nos stades: Une affaire de tous

La violence dans les stades algériens devient, depuis des années, une véritable hantise pour les dirigeants du football. Ceux-ci tentent, sans cesse, d’éradiquer ce phénomène qui menace l’intégrité physique des supporters et des joueurs, mais la machine de la violence cause des dizaines de blessés pratiquement chaque semaine. Partir ainsi au stade ne figure plus dans l’agenda des fans de football qui fuient les soucis. Or, dans les pays développés, regarder un match de foot depuis les gradins est avant tout une consommation culturelle permettant de satisfaire à la fois plusieurs besoins: épanouissement, divertissement, tourisme, spectacle, moments de rencontre entre amis et familles, empathie quand il y a défaite… Sachant qu’une telle culture est génératrice de richesses directes, indirectes et induites, au point de devenir une industrie géante bénéficiant d’un marketing médiatique et sponsorisé faisant du football une source intarissable de revenus. A travers l’expérience des nations développées, nous déduisons que la culture de tolérance et de non-violence qui doit accompagner toute rencontre footballistique, ne se décrète mais se construit. Il s’agit d’un état d’âme qui s’empare de tous les intervenants en amont et en aval de l’édifice sportif. A cet effet, le professionnalisme est dans les perceptions et pratiques, non pas uniquement dans les statuts. A commencer par l’administration du club qui doit, sans cesse, donner l’exemple en matière de communication appelant à la sagesse dans le pire et le meilleur des résultats. Elle-même doit tenir une feuille de route transparente vis-à-vis de ses parties prenantes (joueurs, actionnaires, supporters et autres clubs), en privilégiant une vision globale d’un match, plutôt qu’une logique comptable centrée uniquement sur les résultats. Il faut savoir inculquer dans l’imaginaire de l’entourage du club que perdre un match de foot peut constituer une valeur pour bâtir une grande équipe en tirant les leçons de l’autoévaluation. La bonne communication doit ainsi constituer une partie intégrante de la philosophie de tous les dirigeants : un supporter bien informé en vaut deux dans les gradins. A l’ère des technologies sophistiquées de l’information et de la communication, une telle politique est loin d’être un exercice aussi complexe qu’il pourrait paraître. En plus de l’administration du club, les comités de supporters se doivent aussi d’être responsables, de sorte que les messages diffusés sur les gradins soient porteurs de valeurs pacifiques et de fair-play, et ce, peu importe l’enjeu du match ou les couleurs de la galerie adverse. Par ailleurs, la prévention de la violence passe aussi par la mise en œuvre d’un cadre favorable pour le supporter lors de son arrivée au stade. En effet, rester debout pendant plusieurs heures, conjugué aux longs trajets, peut alimenter la colère des supporters, ce qui favorise des comportements hostiles et agressifs. Aussi, les conditions (disponibilité de rafraîchissement, sandwichs…) de «séjour» (moments passés au stade) les moins pénibles ne peuvent que garantir un esprit plus apaisé au supporter.

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