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L’OPEP entérine une baisse de production de 1,2 million de barils par jour: L’accord historique d’Alger confirmé

Fait prévisible, les 14 pays de l’OPEP, réunis à Vienne, sont parvenus, mercredi, à un accord pour réduire leur production de pétrole. Si coup d’éclat il y a, il n’aura pas été si significatif que lors de la rencontre d’Alger du 28 septembre. Evidemment, l’effet d’annonce n’a pas tardé puisque les cours ont grimpé pour dépasser à Londres la barre des 50 dollars, soit en hausse de 8% en début d’après-midi. C’était dans l’air, en tous cas, cette nouvelle « confirmation » de l’accord d’Alger d’il y a deux mois, au vu des derniers développements et des ballets incessants depuis quelques jours, entre  responsables algériens du secteur avec leurs homologues dans ou hors OPEP. Une nouvelle fois, la « diplomatie énergétique » algérienne aura fait ses preuves. Le contraste psychologique entre Ryad et Téhéran n’étant plus alors qu’un vain mot, les quatorze pays de l’OPEP ont scellé leur différend pour s’aligner sur l’accord, dont le moins que l’on puisse dire, est qu’il «signe la légalité» de l’accord historique d’Alger, selon les observateurs. Il faut remonter le temps pour être au parfum de l’extrême importance de cet accord. Il s’agit du premier dénouement trouvé depuis 2008. De même qu’il constitue le premier revers essuyé par les spécialistes pessimistes et les cercles occultes des marchés du pétrole. Ces derniers qui ne donnaient pas cher à cet accord, en ont appris à leurs dépens. Les  cours ont remonté et il est fort à parier à ceux qu’ils poursuivront leur ascension pour impacter la  production de l’OPEP. Ce revirement était très  attendu pour les marchés internationaux du pétrole. Cette entente à laquelle des observateurs mal inspirés sans doute des rouages et des fausses manoeuvres des courtiers des marchés ne croyaient pas, aura vite abouti à une réaction pour le moins imprévisible. Le prix du baril a franchi le seuil des 50 dollars. En effet, aussitôt après les premières dépêches d’agence annonçant un compromis en début d’après-midi, ce prix a bondi au-dessus de 50 dollars. Soit une hausse de 8% depuis l’ouverture du jour. Ce prix n’avait pas été atteint depuis le 28 octobre dernier. Depuis le début de l’année, le prix moyen du baril de Brent est de 44 dollars. Aussi paradoxal que cela  puisse paraître, c’est en début d’après-midi et faute de communiqué de l’OPEP, les vrais contours de cet accord étaient méconnus des  spécialistes. Mais selon Reuters, la cible de réduction de la production qui avait fait l’objet d’un accord de principe le 28 septembre à Alger, a été approuvée. Il s’agit pour l’OPEP d’extraire entre 32,5 et 33,6 millions de barils par jour (Mbj) soit entre 0,8 et 1,3 Mbj de moins que la production actuelle. L’objectif est de réduire la demande mondiale, excédentaire depuis plus de deux ans par rapport à la consommation mondiale. Cette surcapacité est la principale explication de l’effondrement des cours, de 60% depuis l’été 2014. L’Arabie saoudite se serait engagée à une réduction importante de sa production, environ 500.000 barils par jour selon certaines sources, et aurait accepté que l’Iran augmente encore légèrement la sienne, à 3,79 Mbj. Davantage que les chiffres détaillés, c’est l’existence même d’un accord qui envoie un signal puissant aux marchés. La Russie qui n’est pas membre de l’Opep, devrait à son tour faire un geste pour limiter sa production. Pour les pays exportateurs, il y avait urgence. Alors que le Nigeria et le Venezuela sont plongés en récession, plusieurs pays du Golfe affichent des déficits budgétaires historiques (20% du PIB pour l’Arabie saoudite) quand ils bénéficiaient d’excédents il y a encore trois ans. Les pays de l’OPEP s’accommoderaient d’une hausse du prix de baril de 10 dollars, explique Francis Perrin, le directeur de la revue Pétrole et gaz arabes. «Cela leur apporterait déjà un bon ballon d’oxygène». En revanche, ils n’ont pas intérêt à ce que le baril dépasse trop vite 60 ou 65 dollars. Car à ce niveau, les producteurs de pétrole de schiste aux États-Unis redeviennent rentables. Ces petites compagnies, très agiles se remettraient à forer à tout va. L’offre mondiale de pétrole repartirait alors à la hausse, ce qui pourrait faire de nouveau baisser le prix.

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