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Le phénomène s’amplifie d’année en année: Cours de soutien tous azimuts à Tlemcen

C’est devenu une tradition. L’année scolaire étant à peine entamée, des affiches émanant d’enseignants, tous paliers confondus, incitent les parents à payer des cours particuliers à leurs enfants. Le comble est que si au lancement de cette pratique, ces cours ne concernaient que les classes d’examen, aujourd’hui, il nous a été donné de constater qu’ils sont destinés à tous les niveaux.
De la première année primaire jusqu’à la terminale. Les week-ends, les ruelles et les venelles grouillent d’élèves. «Certes, à quelques jours des examens de fin d’année, c’est indiqué d’orienter ces élèves chez des professeurs chevronnés pour combler leurs lacunes et préparer certaines matières non assimilées comme il se doit. Mais, maintenant, nous voyons que, déjà, au mois d’octobre, les places chez ces enseignants sont toutes prises. Peu importe les lieux et les conditions dans lesquelles sont donnés ces cours, les parents ne cherchent qu’à orienter leurs enfants chez ces professeurs en dépit des sommes faramineuses qu’ils dépenseraient pour une année scolaire, comme si l’école publique n’offre plus d’enseignement aux élèves», nous expliquera un enseignant retraité. Pour notre interlocuteur, il faudrait peut-être réorganiser cette pratique en faisant signer des engagements aux enseignants en exercice de ne pas exercer cette activité concomitante à leur profession à laquelle certains n’accordent plus assez d’importance. «Il faut faire comme pour le secteur de la santé, choisir entre la profession libérale ou publique. Ce serait plus juste», constatera un autre cadre de l’éducation. De leurs côtés, les parents ne s’inquiètent pas autant. «Si ces professeurs peuvent exercer les deux activités en même temps sans négliger l’une ou l’autre, je ne vois pas d’inconvénients à cela.
D’ailleurs, depuis des années, je n’ai pas hésité un moment à confier mes enfants à ces professeurs. Ils ont tous réussi», nous répondra un parent d’élève ayant déjà placé deux de ses enfants chez ces enseignants, l’un au moyen et l’autre au secondaire. S’il est vrai que nombreux sont les élèves qui ont pu rattraper le retard grâce à ces cours, il est toujours utile de réglementer cette activité lucrative en exigeant par exemple de ces professeurs d’exercer dans des locaux répondant aux normes d’une part, et de déclarer leur activité au fisc. Certains professeurs gagnent trois fois leur salaire mensuel, mais, depuis des années, ils continuent d’exercer dans des garages et parfois dans des logements étroits où ces enfants souffrent de promiscuité. En tout cas, cette pratique est bel et bien installée dans notre société. Il est temps aux responsables de l’éducation de faire signer une charte à leur personnel en activité et d’en faire respecter toutes les clauses. Si cette pratique a pris de l’ampleur même dans les villages, c’est parce qu’il y a dysfonctionnement dans le système éducatif. La solution est dans le camp du secteur de l’éducation qui pourrait réduire cette fréquence des cours payants en revenant au système de l’étude surveillée dans les collèges et lycées où des universitaires pourraient être recrutés et faire bénéficier tous les élèves.

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