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Le président du CFCM, Ahmet Ogras, affirme : Nous pesons sur l’échiquier national français

Il n’empêche que les Musulmans de France qui stigmatisent à chaque fois ces faits nourris par la haine des «radicaux», ont contribué à la libération de la France des Nazis. Ils ont construit des ponts, des maisons, des chemins de fer, des TGV et des métros. Normal qu’ils doivent défendre la France qui devrait plutôt reconsidérer ses positions vis-à-vis de cette communauté. Ils ont beaucoup donné à la France. Dorénavant, la nouvelle génération de Musulmans a un regard braqué sur l’avenir. Elle a appris à « zapper » et fonctionne avec des logiciels. Question de ne pas rester en marge des mutations en France. La réalité qui ne peut échapper à aucun, est cette communauté devenue importante et pesante sur la sphère nationale. Chose qui n’était pas possible, il y a des années. La lutte contre la radicalisation et l’extrémisme religieux a, pour ainsi dire, «cimenté» la société française qui contient 10 millions de personnes de confession musulmane. En plus, cette communauté de France a désormais son mot à dire. La nouvelle des lycéens qui ont boudé un cours sur un écrivain musulman algérien a eu comme un pressentiment qu’un certain racisme est toujours ancré dans les esprits d’une certaine classe politique envers tout ce qui incarne l’Islam. Seulement voilà, la France et ses médias qui n’ont pas passé sous silence ce précédent, sont convaincus que la France appartient aux Français quelles que soient leurs confessions. Le moment est venu pour parapher cette vérité. «La communauté musulmane de France a aujourd’hui son mot à dire sur l’échiquier national parce qu’elle est devenue une réalité en France, affirme le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Ahmet Ogras. C’est une réalité implacable. « Nous avons notre mot à dire et nous pesons aujourd’hui sur l’échiquier national français, nous sommes une réalité », explique-t-il dans un entretien. Il souligne que les Musulmans de France sont impliqués dans la société « en leur qualité de Français avec leur particularité religieuse ». Ahmet Ogras se dit fier de son origine turque et sa double culture. Il souligne que cette communauté, forte de 10 millions de personnes, est « sous-estimée », mais la nouvelle génération, « très impliquée » dans la société, fonctionne « avec des logiciels français », chose qui n’était pas évidente pour leurs parents ou leurs grands-parents qui ont beaucoup donné à la France. « Quand il y a une discrimination, du racisme, de l’injustice, la nouvelle génération veut savoir et avoir des résultats. Elle ne veut plus faire la petite tête, elle veut avoir la tête haute et faire valoir sa dignité », a-t-il dit .Il rappelle que ses parents et grands-parents « avaient contribué à défendre la France (les deux Guerres mondiales). Ils ont construit les métros, les ponts, les TGV, etc… ». « Ce qui était important pour eux, c’était de travailler pour faire grandir leurs enfants et les éduquer. Ils n’ont pas pensé à faire de la politique ou de lobbysme, mais ils ont construit la France d’aujourd’hui et on se sert des infrastructures de base grâce à eux », a-t-il voulu le rappeler. Le président du CFCM se vante également que les Musulmans de France, riches par leur diversité, se trouvent aujourd’hui partout dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la recherche, de l’économie, du commerce, de la culture et du sport, a toutefois déploré leur « désorganisation ». « Nous avons beaucoup de médecins, beaucoup de chefs d’entreprise qui ont réussi en France et qui rayonnent l’image de la France à l’extérieur. Il y a beaucoup d’académiciens et d’intellectuels musulmans qui réussissent. Mais notre grand défaut est le fait que nous restons désorganisés », a-t-il expliqué, soutenant que ce maillon faible sert les intérêts de « lobbyistes » qui cultivent l’islamophobie en France. « Nous sommes confrontés aux mêmes réflexes qui existaient auparavant contre la religion musulmane, simplement, ils sont mieux habillés, subtils et bien travaillés », a-t-il souligné. Il relève le rôle « négatif » de la presse française lorsqu’elle ne relaye que les « choses qui fâchent » les Français, notamment en ce qui concerne les Musulmans. « Aujourd’hui, la presse française ne s’intéresse généralement qu’aux mauvaises choses, aux aspects négatifs. Il n’y a plus en France de presse intellectuelle, de débats. Pour elle, tout ce qui fâche, est consommable par l’opinion et l’Islam devient un sujet qui ajoute à la crispation des Français », a-t-il expliqué, notant que la conjoncture mondiale actuelle et la montée du terrorisme « lui offrent cette opportunité de montrer les aspects négatifs vis-à-vis de ma communauté musulmane ». Il relève que, dans le paysage médiatique, « il y a une presse spécialisée qui, par essence, est antimusulmane, verse dans l’islamophobie intellectuelle, philosophique et qui est, pour moi, plus dangereuse dans la mesure où même, dans un pays de liberté d’expression, la parole n’est pas donnée aux Musulmans français pour s’exprimer et se défendre ». Il cite à ce titre le rapport de l’Institut Montaigne sur l’Islam, élaboré par Hakim Karaoui, qui, selon lui, est un document « commandé » par des lobbyistes. « C’est un rapport qui s’inscrit dans la déconstruction de la réalité de l’Islam en France. C’est un travail de lobby négatif », a-t-il considéré. Concernant la lutte contre l’islamophobie, le président de CFCM a rendu hommage à l’Observatoire national contre l’islamophobie, dirigé par Abdallah Zekri, qui active « sans moyens et ni ressources », affirmant que vu l’importance des enjeux, « c’est une structure qu’il faudra renforcer ».

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