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Violence faites aux femmes et aux enfants: La justice algérienne est-elle clémente?

La violence contre les femmes et les enfants dont se rendent coupables les Etats, la société ou les familles, constitue l’un des plus grands enjeux de notre époque en matière de violation des droits de l’homme ou droits humains, rapporte l’Association algérienne pour la planification familiale membre du IPPF dans son manifeste. Il y’a certes une évolution des mentalités et en dépit des amendements apportés et opérés par le garde des sceaux Tayeb Louh au code de procédures pénales adoptés par les deux chambres parlementaires. Ce code amendé a par contre consacré la criminalisation de la violence faites aux femmes et aux enfants. Or la machine judiciaire algérienne qui subit une profonde réforme, selon Louh, aurait laissé traîné le traitement de certains dossiers épineux traitant de cette violence par apporter des verdicts peu satisfaisants pour la victime allant à une peine de dommage et intérêt de la valeur très souvent dérisoire estimée à 10.000 DA, soit un million de centimes comme réparation pour le préjudice morale et physique causé à la victime. Ne s’agit-il pas d’une vraie violation des droits humains ? Le tribunal de Bêcher a pour rappel fait exception à la règle devant les voix qui se sont élevées par prononcer un verdict clément pour apaiser les souffrances des parents de l’enfant assassiné à cause de la pratique de sorcellerie par la condamnation d’une peine capitale contre le bourreau de l’enfant victime décédé. Or des divergences ont subsisté sur le sort réservé au jeune assassin de la petite fille Salsabil après lui avoir fait subir tous les sévices avant de lui sceller son sort dans un sac de poubelle. Si des rumeurs persistantes parlent d’une revanche de la part de ses camarades de prison qui lui ont fait subir le même sort qu’il avait fait subir à la petite victime innocente, d’autres par contre font état de sa condamnation à la peine capitale par le tribunal d’Oran. L’on s’interroge cependant et devant la propagation de la violence même dans les établissements scolaires et les stades, où la multiplication des crimes commis contre des enfants et des jeunes adolescents sur la non mise à jour des lois nationales surtout après l’introduction de nouvelles dispositions visant la criminalisation de toutes formes de violences ciblant les femmes, enfants et autres. La ministre de solidarité, Ghania Eddalia, a fait état de l’élaboration en cours d’une stratégie, en partenariat avec tous les secteurs concernés, visant à « sensibiliser les femmes victimes de violence à l’importance de dénoncer leurs agresseurs », soulignant que les chiffres avancés par les différents services concernant la violence faite aux femmes « ne reflètent pas la réalité ». Les services de sécurité que ce soit la DGSN ou la GN attribuent ceci au non dépôt de plainte par les femmes surtout les femmes violées. En effet plus de 7500 femmes ont été victimes de violence en Algérie durant les neuf premiers mois de l’année en cours, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Fafa Sidi Lakhdar Benzerrouki, avait pour rappel affirmé que selon les statistiques de la direction générale de la police, ceux-ci ont recensé pas moins de 7586 cas de violence à l’égard des femmes depuis le début de l’année jusqu’au mois de septembre de l’année en cours ». Mme Fafa Benzerrouki nous a confirmé qu’elle nous rendra officiellement plus de détails sur cette problématique de violence contre les femmes et les enfants en dépit des chiffres alarmants annoncés par la DGSN, et depuis, rien n’a été fait par la première responsable de cette institution chargée de la promotion des droits de l’homme et de la femme. Estimant que ce chiffre « est loin de la réalité », elle nous a précisé lors de notre conversation téléphonique que « de nombreuses femmes victimes de violence ne déposent pas plainte et ne recourent pas à la justice en raison de facteurs socioculturels, ajoutant que « dans la plupart des cas les agresseurs sont des membres de la famille et des proches». Concernant la journée d’étude organisée par la CNDH sous le slogan « Fin des violences à l’égard des femmes en Afrique » à l’occasion de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la présidente du CNDH rappelle que cette initiative vise à sensibiliser sur ce phénomène, rappelant les pas franchis par l’Algérie qui a introduit depuis 2015 des dispositions coercitives dans le code pénale. La célébration du 30e anniversaire de la création de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a vu la participation d’acteurs institutionnels et non institutionnels en charge de la thématique notamment des personnalités féminines connues pour leur attachement aux droits des femmes et à leur engagement sur les plans national et continental. La présidente de l’Association UNFA, Mme Nouria Hafsi, nous dira par rapport à ce thème sensible, devant la propagation de la violence, que l’urgence serait d’aller vers un travail de proximité et de durcissement de sanctions puisque les textes existent déjà.

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