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MOSTAGANEM: La chanson bédouine s’exténue

A l’ère du numérique, des smartphones et de la musique techno, la chanson bédouine s’exténue avec l’extinction de ses chouyoukh. La chanson traditionnelle, celle qui a gravé sa gloire dans le patrimoine identitaire de la région ne résonne plus sur aucun espace. Les couches sociales auxquelles ce genre se rattache, dont la classe paysanne qui a entretenu le caractère tribal pendant longtemps dans les douars se désintéresse de ce type de musique. Sans festival, ni journées commémoratives, ni fêtes, les chouyoukh du chant bédouin se font oublier.
Ce qui est paradoxal c’est aussi le fait qu’un patrimoine immatériel de cette taille n’est défendu par personne. Ceux qui préconisent conserver la mémoire de la région oublient que le chant bédouin, avec tout ce qu’il comporte, doit aussi être préservé. A Mostaganem, il est regrettable, que le seul festival du chant bédouin, ait disparu du calendrier des évènements culturels. Aujourd’hui nous n’évoquerons guère les causes de son éclipse. Les chouyoukh qui ont forgé un genre musical pour la région doivent être commémorés pour la mémoire. Cheikh Hamada, Cheikh Djillali Ain Tedlès, Cheikh Mohamed El Boski, Cheikh El Mamachiet et d’autres ont travaillé pour promouvoir un genre musical très autochtone. Ils ont tracé les chemins à Une culture où le sujet de la femme est abordé sans gêne et où le public, pour le coup, devient très réceptif. A l’occasion de prestations, pour soirées nuptiales, pour une ‘’Waada, Ou en privé, ces chanteurs, avec leur ‘’gallal et gasba‘’ comme uniques instruments, et leurs costumes traditionnels, offraient ainsi, par leur poésie, des moments jubilatoires au public. Ces artistes, dans le sens culturel du mot, ont fait la promotion du ‘’El Melhoun‘’, la poésie populaire écrite en arabe maghrébin. Cette poésie s’est, ensuite, développée sous une forme littéraire affectionnée par les admirateurs qui, à l’époque, étaient nombreux. Ce genre musical “bédoui” représente un vrai vestige immatériel qui s’en va avec la crainte qu’il disparaisse à jamais. Au vu de cette situation, les associations croient qu’il est temps de réagir afin de sauver ce qui reste en proposant à l’administration des projets de préservation de ce reliquat culturel. A cette effet, l’Académie de la Société Civile (ASCA) de Mostaganem va travailler déjà un projet qui permettrait de préserver le palmarès musical du feu Cheikh Hamada en organisant ainsi des journées de commémoration. Cette réflexion est une initiative de l’ex-sénateur, Mr Mohamed Lazreg qui a, grâce à ce projet, sensibiliser la famille, les proches du Cheikh et les autorités de la Daïra de Mesra à une contribution afin de réussir l’action de mémoire. L’action prendra forme à partir d’une première rencontre programmée le samedi prochain. Ce projet portera sur toute la thématique du chant bédouin et de sa survie dans la wilaya.

À propos Charef Kassous

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