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Point de Vue: Audin est encore «vivant»!

C’est grâce à la l’affaire Maurice Audin que la France «officielle» a franchi un grand pas dans la reconnaissance des crimes et disparitions durant la guerre d’Algérie. Macron a emboîté le pas à Chirac et à un degré moindre à Hollande en reconnaissant la disparition «forcée» de Maurice Audin, ce militant communiste engagé dans la cause algérienne. L’Algérien Audin vient de réveiller les démons pour «obliger» la France à se regarder dans un miroir et se remémorer tous les crimes commis durant le colonialisme, lors des conquêtes, lors des soulèvements populaires et surtout dans la guerre d’Algérie. Le militant du PCA, Maurice Audin, a obligé la France à dire une «vérité», une vérité qui dérange certains politiques en France, heureusement pas tous. La décision de Macron de transmettre les archives à l’Algérie sur les disparitions entre 1954 et 1962 est plus que salutaire, car elle va permettre aux historiens de rétablir une «certaine» vérité historique et aux familles des disparus de faire leur deuil. Oui, des milliers de familles algériennes n’ont pas encore fait leur deuil. Des mères sont mortes avec le chagrin et aussi cet «espoir» que leur fils ou fille soit encore vivant ailleurs et qu’il pourrait revenir un jour. Des milliers de pères et mères attendent toujours qu’un jour on leur dise la vérité sur leurs enfants disparus. La guerre d’Algérie a montré, il faut le dire, toute la haine du capitalisme envers le peuple algérien qui avait décidé de reconquérir sa Liberté. Une guerre où des milliers ou des centaines de milliers de crimes contre l’Humanité ont été commis contre un peuple comme les «enfumades» de la Dahra (Mostaganem), le massacre de Laghouat où presque toute une tribu a été décimée jusqu’au dernier bébé, les événements du 8 mai 45, les disparitions et exécutions de civils juste avant l’indépendance. On ne parlera pas, ici, du déplacement des populations durant la période coloniale, c’est un autre dossier que les historiens s’attèlent à décrire. Les deux peuples veulent se projeter dans l’avenir avec cet esprit de coopération mais après avoir réglé le contentieux de la guerre. Enfin, «se souvenir pour construire», un slogan déjà lancé par des jeunes algériens, français et allemands tout récemment dont le travail culturel a déjà été présenté dans les trois pays.

À propos B.Abdelkader

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