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Béjaïa: Situation environnementale inquiétante

Plusieurs communes de la wilaya de Béjaia sont devenues, ces derniers jours, des véritables dépotoirs à ciel ouvert, et ce, suite à la fermeture des décharges intercommunales et du CET. Des communes qui vivent des problèmes de pollution, odeurs nauséabondes et fumées que dégagent les ordures de la décharge. Cette décharge publique, qu’on dit pourtant contrôlée, sont des plaies béantes pour l’environnement où sont déversées quotidiennement des tonnes d’ordures qui dégagent des odeurs nauséabondes en plus des centaines de chiens errants qui gravitent autour, et ces tonnes d’ordures brûlées dégagent aussi une fumée éparse qui pollue l’air. Les ordures non ramassées jonchent les trottoirs des communes attirant chiens et chats errants, des situations désolantes en cette période caniculaire. La commune d’Akbou a portant inscrit un projet de réalisation d’une déchetterie, mais rien n’est concrétisé. Cette APC, malgré son potentiel économique et sa manne financière importante, bute sur plusieurs problèmes de fonctionnement. Dans cette région de la Soummam, l’environnement se dégrade de jour en jour, une dégradation visible à travers surtout les décharges sauvages qui pullulent comme des champignons. L’action de l’Etat pour éradiquer ces décharges bute aux blocages et appositions des citoyens. Ainsi, le programme spécial de mise en place d’une vingtaine de centres d’enfouissements techniques (CET), à travers la wilaya de Béjaia, qui devaient être réalisés sont pour la plupart bloqués à cause des citoyens qui s’opposent à leurs implantations. «Ce sont des citoyens qui s’opposent à leurs implantations», apprend–on de la wilaya, en nous citant la région de la vallée de la Soummam où plusieurs centres sont bloqués par des oppositions de citoyens. Portant, nous précise notre source, ces centres ne sont d’aucune nuisibilité pour la santé du citoyen et sont d’un apport considérable pour la sauvegarde de l’environnement. Les associations de cette région ont déjà tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation de l’environnement en alertant sur d’éventuels cas de maladies. Ces associations s’adressent aussi aux citoyens pour un peu de civisme «car le citoyen joue un rôle très négatif dans la protection de l’environnement, on jette n’importe où et personne ne pense à créer son avenir dans la propreté», se désole-t-on encore. Sur un autre chapitre, lors de sa dernière visite de travail, à Béjaia, la ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables, Fatma-Zohra Zerouati, a décidé de fermer le centre d’enfouissement technique (CET) de Sidi Boudrahem, et ce, après avoir écouté attentivement les préoccupations et les doléances des citoyens de la commune de Oued Ghir. La Ministre a pris la décision pour fermer ce CET, en attendant la mise en place d’une unité de traitement de lixiviat d’un montant de 200 millions de dinars et une station de traitement monobloc par osmose-inverse, d’une capacité de 80 m3/jour. Rappelons que le centre d’enfouissement technique (CET) de Sidi Boudrahem, mis en service en août 2015, pour mettre fin à la décharge communale de Boulimat, sise en amont de la côte Ouest de la commune de Béjaïa, a été déjà fermé par cette même population. Ce centre, qui a coûté plus de 25 Milliards de centimes au trésor public, est fermé par la population, suite à plusieurs actions de protestions dont des fermetures de routes. En effet, ce centre dépourvu d’un centre de tri et d’une station d’épuration, est décrié par la population des villages Hellil, Mellala, Aït Ahmed Ouamnsour, Ireza et Ibachiren, relevant de la commune d’Oued Ghir, après la découverte dans une rivière du village Hellil, «d’un produit hautement toxique, s’échappant du centre d’enfouissement technique de Sidi Boudrahem», apprend-on des comités des villages. «Le CET de Sidi Boudrahem n’a de CET que le nom, il s’agit bel et bien d’une délocalisation de la décharge de Boulimat», déplore un élu municipal à Oued Ghir qui nous précise que le produit découvert est «dangereux et il s’agit du lixiviat qui menace la santé des citoyens». Les citoyens et les élus de la commune de Oued Ghir n’ont cessé d’interpeller, depuis maintenant deux années, les pouvoirs publics, notamment la direction de l’environnement, pour prendre les mesures qui s’imposent et éviter une catastrophe due à l’utilisation d’une eau contaminée par ce produit toxique qui peut favoriser des pathologies cancérigènes, les malformations congénitales et les mutations génétiques».

À propos Hocine Smaâli

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