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Point de Vue: Les dirigeants: Choix du peuple ou désignations administratives

Dans un système de gouvernance qui se proclame d’essence démocratique, l’existence de certaines règles de gestion des affaires de la cité doit être de rigueur. Celles-ci relèvent de standards laborieusement façonnés et mis en place au fil de l’histoire des nations ayant consacré irréversiblement cette forme d’organisation politique, dont le substrat sur lequel elles reposent, est forgé dans le principe suprême de la souveraineté populaire. L’exercice de ce principe se traduit par la dévolution au peuple du choix des dirigeants d’un pays, à travers le mode électoral. Cette démarche est censée porter au pouvoir une équipe chargée d’imprimer à l’action du gouvernement l’expression de la volonté des électeurs, d’où la nécessité de désigner essentiellement cette équipe parmi la majorité parlementaire constituée par les formations politiques les plus votées. L’empreinte idéologique ainsi préétablie entérine la primauté du politique sur l’exécutif, soit sur l’administration. Peut-on dire que cela est de mise dans notre pays ? Loin s’en faut ! A défaut de culture démocratique, les nominations aux postes dits politiques se font le plus souvent au gré des conjonctures socioéconomiques et de l’équilibre des forces maîtresses des leviers de pouvoir. La conséquence en est que l’on adopte le chemin inverse en procédant à des nominations à partir des corps administratifs subalternes, pour pourvoir des postes de ministres, lesquels postes ont une quintessence toute politique. Par la force des choses, une telle pratique a immanquablement pour effet de donner naissance à des comportements à tout le moins méprisants: surenchère dans les démonstrations d’allégeance, course effrénée au zèle, reniement de la raison, mise au rebut de tout principe de dignité. Les gesticulations flatteuses se multiplient à l’abus, le seul profil à mettre bien en exergue étant celui de déployer tous ses dons louangeurs émérites et inconditionnels et alors on s’adonne à des déclarations dégoulinantes de servilité, répugnantes d’obséquiosité, sans se soucier des railleries qui fusent de toutes parts aussi bien dans l’opinion publique que parmi les observateurs avertis. Cela donne une image peu fiable des institutions du pays, et confortent l’idée de démocratie de façade que l’on coltine malheureusement, devant les regards narquois des nations pas forcément très amies de l’Algérie.

À propos A.Benani

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