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Tissemsilt: Couteaux, Barbecues et Ustensiles en vente libre

Désormais, c’est devenu une tradition ancrée dans nos us et coutumes. En effet, chaque année, à l’approche de la fête de l’Aïd El Adha, les marchés, places publiques, les rues et les ruelles des villes et villages de la wilaya sont inondés par des étals de fortunes exposant divers outillages et matériels de boucher destinés au sacrifice du mouton. Des accessoires, made in China, de toutes formes et à tous les prix sont exposés en vrac, à même le sol, allant de la lourde hache, au long couteau aiguisé en passant par les différentes séries de broches pour les grillades, de barbecues et des sacs de charbons. Les passants, attirés par le prix assez abordables et de l’esthétique de l’emballage, foncent tête baissée pour acquérir un outil nouveau et adéquat qu’ils peinaient à trouver sur le marché avant «l’invasion» des produits sud-asiatiques, même si la qualité de cet accessoire laisse à désirer. Mais le danger de ce commerce illicite occasionnel peut provenir, selon certains observateurs, du fait de l’exposition à tout vent de cet « arsenal de guerre» sans aucun contrôle et à portée de mains malveillantes. Pourtant, la dernière campagne de lutte contre le commerce informel, qui a, d’ailleurs, donné ses fruits, doit continuer à épurer le paysage commercial local en éliminant ces « poches » occasionnelles sources de malveillance et de danger. Toutefois, ce qui attire le plus l’attention des citoyens, c’est la panoplie des couteaux de toutes dimensions et de toutes formes. Allant du petit couteau de cuisine aux nouvelles machettes dont on ne connaissait même pas l’existence. En effet, un simple petit tour au niveau de la ville ( cité des 119 logements) ou autres marchés de quartier et ce phénomène vous saisit d’emblée, il s’agit de table de fortune où sont entreposés ces couteaux, haches et machettes, et dont les prix sont accessibles, 500 DA pour le grand couteau et entre 1.000 et 1.500 DA pour les machettes et haches. Certaines de ces armes blanches puisqu’il s’agit de cette catégorie, n’ont aucune utilité pour le sacrifice du mouton ou la découpe de la viande. Les professionnels de la boucherie, expliquent qu’un bon égorgeur de mouton dispose d’un couteau spécial pour cette occasion et n’est pas près à le changer chaque année, un tel couteau a une durée de vie de plusieurs années. De même, qu’ils possèdent deux autres couteaux pour dépecer et dépiauter le mouton, et un autre pour découper. Mais alors à quoi sert toute cette artillerie d’armes blanches proposée à la vente. En effet à quoi servent ces sabres qui nous font penser aux armes de guerres de l’antiquité et qui sont proposés à la vente, et certaines personnes les achètent, «mais pourquoi faire ? Tel est la question de taille qu’il faudra se poser, ils n’ont aucune utilité pour l’égorgement ou le dépeçage du mouton. C’est tout simplement une aubaine pour ceux qui veulent acquérir des armes blanches leur servant à tout autre chose. C’est l’occasion pour certains d’acquérir des armes blanches, car à quoi sert un sabre si ce n’est à agresser les gens dans la rue ou pire encore à être utilisé lors de dispute antre gang et tout cela bien entendu sans qu’aucun contrôle ne soit effectué au niveau de ces vendeurs de fortune qui installent et présentent de vraies armes de guerre. Par ailleurs, une autre question se présente. Comment de tels couteaux ont investi nos marchés, et sur quelle base sont-ils importés. Qui contrôle ce genre d’importation ? Car, précisons-le, ce sont des produits ramenés d’outre-mer. Il est peut-être temps de renforcer le contrôle de tous ces produits. Même si aucune loi n’interdit la vente de ces couteaux et haches, considérés comme articles de ménage et ustensiles de cuisine. Cette activité entre dans le code 503205 de la nomenclature des activités économiques soumises à inscription au registre de commerce. Ce code concerne le commerce de détail d’articles de ménage et ustensiles de cuisine, et notamment les articles de cuisine en acier, fer battu, nickel, vente d’articles de coutelleries de maison. De même qu’il importe de souligner que concernant l’origine de ces couteaux, on apprend que la majorité est importée de différent pays asiatiques et européens (code 409011, relatif à l’import et export de la verrerie, vaisselle articles et ustensiles de cuisine en acier). A cela, il faut ajouter la production locale. Deux activités légales et régies par des lois. Mais cette activité, initialement régulée par la loi en vigueur, définissant les fournitures et besoins essentiels à assurer aux ménages est totalement détournée. L’autre côté, moins dangereux de cette tradition avant la fête du sacrifice, réside en l’aiguisage des couteaux, coutelas, haches et autres armes blanches en plein tissu urbain, on entend encore le bruit des moteurs des machines tourner au grand malheur des riverains qui ne supportent plus tous ces désagréments. «Quand même, assure un vieil homme, le côté positif de cette ambiance d’effervescence, de préparation et d’allégresse, propre à chaque fête religieuse, nous replonge dans nos traditions et coutumes qu’on ne doit, à aucun prix, oublier et enterrer ». Reste, maintenant à assurer une couverture sanitaire pour un abattage contrôlé des moutons du sacrifice afin d’éviter tout risque de kyste hydatique et ses complications.

À propos M’HAMED B.

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