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Cheikh Hamada: L’illustre maître du bédoui immémoré

Cheikh est né en 1889 à Blad Touahria, dans la daïra de Mesra. Il est mort le 9 avril 1968. Il est considéré comme l’un des fondateurs du mouvement de musique arabo-bédouine. Son histoire reste plus complexe, il a amorcé la « citadinisation » du Bédouin traditionnel en présence de l’administration coloniale. Ce fut une révolution dans la tradition musicale dans le genre bédouin, qui devient ensuite un phénomène artistique majeur sur l’espace maghrébin. Hamada a fait son premier enregistrement en 1920. Puis, jusqu’à sa mort, il a continué à enregistrer des disques en Algérie, à Paris et à Berlin. Deux de ses fils ayant rejoint le maquis furent tués durant la guerre de libération nationale. Agissant en poète, le Cheikh est devenu le chantre éternel du chant bédouin. Dans son parcours d’artiste, le Cheikh procède à des arrangements de la  »Gasba » qui lui apportera une touche propre à la région des Medjahers influençant ainsi le répertoire chaâbi qui entre sous sa férule, dans le mode bédoui. Ses accompagnateurs de la flûte magique Cheikh Boudissa et Cheikh Belkacem donneront du panache aux poèmes du Cheikh, une carrière durant. Il aura eu de son vivant à ébranler, magistralement, à lui seul la tradition musicale dans le genre bédouin propre et ce, en réussissant à faire cohabiter la poésie citadine entre « hadri », « haouzi » et « aroubi ».Dans ses compositions, la « gasba » sera remaniée et à laquelle il lui apportera une touche propre à la région du Dahra, influençant ainsi le répertoire chaâbi qui entre sous sa férule, dans le mode bédoui. Il aura eu de son vivant révolutionné à lui seul la tradition musicale dans le genre bédouin et ce, en réussissant de façon magistrale à brosser la poésie citadine entre « hadri », « haouzi » et « aroubi ». On raconte aussi que cette icône de la chanson bédoui, ami intime de Hadj M’hamed El Anka, ils avaient pour habitude, lors de dîners philosophiques avec les poètes, les musiciens comme Hadj Lazoughli, Hachemi Bensmir, Abdelkader El Khaldi, d’échanger, de travailler ensemble des qaçayds (poèmes).On a aussi appris de son histoire que le Cheikh était aussi un maître pour les jeunes générations. Il recevra dans sa maison plusieurs artistes comme Maâzouz Bouadjadj, leur expliquant, parfois, pendant de longues heures, une tonalité, une strophe, le sens caché d’un mot, d’un vers, d’une qasida. En Oranie, ce qui est sûr, c’est que les couches sociales auxquelles son répertoire se rattache, qui sont les classes paysannes, avec le maintien du caractère tribale de la structure de base au ‘’douar’’, se sont retrouvées dans la chanson bédoui comme art raffiné surtout lors des waadates. Les chansons de Hamada servaient d’occasion à la jouissance intellectuelle et artistique, à côté de la pratique de la fantasia (goum) avec le sport du tir au fusil en chevauchée. Mansour Benchehida, l’écrivain le décrivait comme un génie qui voulait mettre en relief  » un chant d’expression populaire unifié » et avait aussi un regard savant sur la langue, en étant à l’écoute des vecteurs musicaux susceptibles de mieux porter sa musique. Ce qui est déplorable aujourd’hui, c’est que cette grande figure de l’art bédoui de la wilaya soit occultée dans les manifestations culturelles. Cheikh Hamada doit être honoré chaque année au même titre que les maîtres du  »Chaabi », ou ceux du  »Malouf ». Pour la mémoire, à Mostaganem, on ne peut pas se permettre d’oublier un cheikh, un artiste de cette envergure.

À propos Charef Kassous

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