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Pôle & Mic: Décrépitude

Que faut-il penser de la récente déclaration du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique à propos de la piètre position occupée par l’université algérienne dans les bas-fonds du classement mondial ? Première constatation: le ministre n’a pas du tout peur du ridicule, il déclare haut et fort que l’Algérie n’a pas besoin de prix Nobel. Rien que ça ! Tout aussi ministre d’un secteur hautement révélateur du niveau intellectuel, culturel et social d’une nation, du degré de tangibilité de la volonté d’un gouvernement réellement soucieux de se cramponner au rythme irrésistible du développement universel, investi de la mission majestueuse de doter le peuple d’un génie propre, maître de la prépotence aux ères des grandeurs et des décadences des sociétés humaines à travers les âges, ne voit-il pas qu’il tonitrue sans sourciller et toute honte bue que l’Algérie peut très bien se contenter de chauffer un strapontin bien à l’écart de l’excellence et de l’évolution du monde. De quoi parvenir à installer une monumentale démotivation dans les esprits les plus entreprenants et les plus ambitieux. La déclaration de ce ministre n’est ni plus ni moins qu’un appel général au défaitisme, ouvrant ainsi la voie à une œuvre terrifiante d’abrutissement de la société où les notions de l’effort et de la soif du savoir se dilueraient dans l’incurie. C’est l’expression de la panique d’un responsable à la suite de son échec, c’est l’aveu de la faillite de l’enseignement universitaire national qu’il est chargé de gérer. C’est une tentative désespérée d‘édulcorer le désastre dans lequel a été plongée l’éducation nationale en général. La décrépitude n’est jamais une fatalité de la vie, mais une conséquence de l’impéritie des hommes.

À propos A.Benani

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