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Point de Vue: Patates et poulets en flèche

Nous sommes à environ deux semaines de la grande fête du mouton et les prix des produits consommables de première nécessité, montés en flèche, font inquiéter les citoyens plus que les prix du mouton lui-même. A titre d’exemple, les pommes de terre, premier produit consommable sur la table des Algériens, commencent déjà depuis quelques jours à faire parler d’elles, à cause de la montée vertigineuse de son prix chez les détaillants. Les différents organes de presse écrite ont essayé de trouver des explications à cette volte-face imprévue. La seule explication avancée par cette presse serait que la production au niveau de la wilaya d’Ain Defla aurait été trop insuffisante par rapport à la demande habituelle. Mais, nous ne savons pas encore les raisons objectives qui seraient derrière cette chute libre de la production dans cette wilaya, d’habitude le fleuron de la production de la pomme de terre au niveau national. A notre avis, ce sont les «cercles monopolistes», plus connus par le sobriquet de la «maffia de la patate», qui seraient derrière cette hausse imprévisible. Ces gens rompus aux trucs du monopole, de la conservation frigorifique et ayant une connaissance impeccable en la matière, sur les moments propices pour faire monter les prix ou les stabiliser. Même en période de la chute spectaculaire des prix, ils savent en profiter pour y dresser des stocks monumentaux, afin de les liquider au moment avantageux à des prix également spectaculaires. Cette espèce impure de «pénuristes» serait en possession de tous les mécanismes et ayant une connaissance parfaite du marché national des légumes et fruits, et l’on peut dire même international. Faudrait-il, donc, rappeler dans ce sens que ce n’est pas uniquement le créneau de la patate qui en serait infecté par ces parasites. A la tête de chaque spécialité, à vrai dire, il y a un gang qui en tient les clés ou le code secret de la porte de Sésame. Toute l’économie nationale notamment le secteur du commerce, serait hypothéquée à ces groupes «invisibles», généralement épaulés et protégés par des gens – plus invisibles encore – des hautes sphères de l’Etat. C’est d’ailleurs, la raison pour laquelle l’impunité bat son plein et personne n’arrive à contrôler personne. Même l’Etat, disons officiel, semble dans une incapacité mystérieuse à pouvoir jouer le rôle protecteur qui lui revient de droit. Il regarde, il écoute, il fait comptage des chiffres, il justifie ce qu’il se passe… Mais en somme, il ne peut rien faire de positif, voire de concret. La logique de l’Etat de la finance informelle avait, paraît–il, pris le dessus sur l’Etat de droit. Hélas, c’est la vérité…
alkaderdz62@yahoo.fr

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