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Moustique tigre: L’Institut Pasteur attire l’attention de la population

Quels moyens efficaces pour repérer les zones «colonisées» des foyers de moustiques pour parer à une pandémie si c’est le mot? Comment contourner le risque de propagation de moustiques dangereux, signalée officiellement dans quatre wilayas face à l’absence d’opérations de dessiccation et de désinsectisation dans les autres régions du pays. On le disait déjà depuis le début de la saison estivale. Les insectes voyagent beaucoup. On craint fort que ces espèces de moustique qui prolifèrent à cause de la forte chaleur qui sévit dans le pays, ne soient une «fausse alerte». Une espèce dangereuse de moustiques a plutôt l’air d’inquiéter sérieusement les populations de plusieurs wilayas à cause de sa «nuisance» surtout le soir. Attirés par les foyers de nourriture en toutes sortes, les moustiques, on le sait, montrent aussi des prédispositions à être réceptifs et impulsifs au contact humain ressentant le soir le besoin de se nourrir de sang. A Oran, des moustiques dont on n’ignore le type, continuent de soulever les préoccupations des citoyens. Aussi longtemps fut le mystère de ces insectes, il confirme à tout le moins qu’il peut s’adapter aisément aux biotopes. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, malgré des campagnes de désinsectisation menées, ce type d’insecte continue à faire parler de lui. La raison en est qu’il résiste parfaitement à la dessiccation. En plus, les campagnes de désinsectisation s’avèrent inutiles quand elles sont menées en dehors de la période de fertilisation et de reproduction pour tuer les œufs. Une chose est certaine. Le moustique tigre est toujours présent, selon l’Institut Pasteur. 04 wilayas sont concernées. Il s’agit de Tizi-Ouzou, Oran, Alger et Jijel. Le moustique tigre prolifère en zone urbaine. Il s’accommode facilement aux différents biotopes et ses œufs résistent longtemps à la dessiccation, c’est-à-dire l’action de dessécher le milieu dans lequel ils se trouvent. Cette espèce est réceptive au virus du Chikungunya, de la Dengue et du Zika, alertent les mêmes services. En Algérie, la présence fortuite du moustique tigre a été signalée pour la première fois, en juin 2010, à Larbaa-Nath-Iraten, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Un seul spécimen avait été capturé. Depuis, aucune activité de ce moustique n’a été signalée dans la région. En d’autres termes, du pain sur la planche attend les entomologistes et les spécialistes autant que les responsables des bureaux d’hygiène des communes du pays. En décembre 2015, suite à des plaintes des habitants d’une forte nuisance occasionnée par les moustiques, durant l’été, les entomologistes de l’IPA avaient confirmé l’introduction de cette espèce à Ain El Turk (Oran). Une forte nuisance du moustique tigre avait été, ensuite, signalée en juillet 2016 à Alger par des habitants de quartier Zonka, entre Birkhadem et Ain Naadja. La prospection entomologique avait confirmé la présence d’Aedes albopictus à tous les stades de son développement (œufs, larves et adultes). Les opérations de démoustication avaient été lancées par Hurbal (l’établissement en charge de l’hygiène urbaine et de la protection de l’environnement dans la wilaya d’Alger), et se sont poursuivies jusqu’à la disparition du moustique, rappelle l’IPA. En août 2017 et suite aux différentes plaintes des habitants du quartier Vieux Kouba de piqûres particulières de moustiques, une enquête entomologique avait été réalisée afin d’identifier l’espèce. Les captures avaient montré la présence d’Aedes albopictus avec une densité élevée à tous les stades de son développement. Les traitements insecticides par le produit Deltamethrine en fumigation avaient concerné toutes les habitations où les oeufs et larves de moustique tigre avaient été constatés. Ces opérations avaient duré plusieurs mois. Malgré tous les efforts déployés par les services de démoustication d’Hurbal, le moustique tigre s’était propagé vers d’autres localités de la capitale, à savoir Saoula, Khracia et Hussein Dey. A l’est du pays, une prolifération de ce moustique avait été confirmée en août 2017 à Jijel. Concernant les mesures prises ou à entreprendre, les services spécialisés de l’IPA estiment que la propagation de l’insecte est une « menace réelle pour les wilayas du littoral algérien et les zones humides ». « Ses larves se développent essentiellement dans des gîtes larvaires produits par les habitants eux-mêmes (récipients, ustensiles, pneus usagés, etc… abandonnés et contenant de l’eau) », expliquent-ils, assurant, cependant, que « le contrôle de la densité de ce moustique est faisable » et qu’il suffit, pour cela, d’une « large sensibilisation de la population ». Une campagne d’information et de sensibilisation des citoyens, à travers les différents médias, a été déjà lancée par l’équipe de l’IPA. Elle se poursuivra les semaines qui viennent. D’autre part, la surveillance entomologique à l’aide de pièges pondoirs (pour détecter les œufs du moustique) sera poursuivie afin de « suivre les densités de ce moustique au niveau des zones colonisées et, également, pour évaluer l’impact de la démoustication ». En cas d’un diagnostic positif du virus de la Dengue, du Chikungunya ou du Zika, un traitement par thermo-nébulisation à l’aide de Deltamethrine doit être immédiatement réalisé. Les services de l’IPA préviennent, toutefois, que les traitements insecticides, dits « de confort », préconisés pour réduire la nuisance, « ne doivent pas être réalisés à long terme car ils peuvent causer une résistance aux insecticides utilisés ».

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