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Programme de l’efficacité énergétique: «Il n’y a aucun contrôle»

C’est la nouvelle règle d’une économie qui se restructure peu à peu après l’entrée du Plan de croissance. Pour cela, la nécessité de mettre au point des laboratoires spécifiques pour contrôler tous ces équipements et produits s’est posée comme un paramètre primordial. Il s’agit d’évaluer le niveau de performance de ces produits, sinon comment arriverons-nous à une efficacité énergétique alors que nos produits ne sont pas tous contrôlés? Seulement voilà de quelle efficacité énergétique pourrait-on parler s’il n’y avait pas de contrôle préalable? Un programme d’efficacité de l’énergie, rappelons-le, a été établi par le ministère de l’Energie. Il vise surtout à promouvoir la rationalisation de l’utilisation de l’énergie dans un contexte économique qui plaide désormais en faveur de l’optimisation de la dépense publique. Hélas, le nombre de laboratoires destinés à contrôler les produits permettant d’atteindre l’efficacité énergétique est insignifiant. Ces laboratoires sont censés s’assurer de la qualité opérationnelle des produits « consommant moins » d’énergie. Seules les lampes de moindre consommation et autres produits sont contrôlés. Les rares laboratoires qui existent en Algérie contrôlent seulement les lampes économiques LED. C’est du moins ce que souligne le Directeur général de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) qui a besoin de moyens nécessaires dont des laboratoires de contrôle pour accomplir les missions qui lui sont conférées. « Le nombre de laboratoires de contrôle pour assurer la qualité des produits consommant moins d’énergie demeure insignifiant », a-t-il en effet assuré. Alors que, explique Mohamed Salah Bouzriba, le contrôle est incontournable pour « crédibiliser » le Programme national de l’efficacité énergétique. «J’insiste sur l’instauration d’un contrôle de l’efficacité énergétique pour s’assurer de la qualité des produits consommant moins d’énergie. Le contrôle est primordial pour crédibiliser le Programme de l’efficacité énergétique. Sinon, c’est un recul pour ce programme». A ce propos, il regrette le nombre insignifiant des laboratoires de contrôle en Algérie pour s’assurer des normes de performance des équipements en matière d’efficacité énergétique. Il cite ainsi le laboratoire de contrôle de la qualité et de la conformité (ECOLAB) de Boumerdes et celui de l’Institut algérien de la normalisation (IANOR). « Ce sont, malheureusement, les seuls laboratoires qui existent et qui ne contrôlent, pour le moment, que les lampes économiques LED », précise le même responsable. Il souhaite dans ce chapitre, que les opérateurs privés investissent dans la création de laboratoires de contrôle. Il relève, toutefois, que « c’est à l’Etat de s’y mettre d’abord ». Sur ce point, il évoque le Laboratoire national d’essais industriels (LNE). Ce dernier selon lui devait entrer en activité en 2015. « Il n’a toujours pas vu le jour jusqu’à l’heure actuelle », dit-il. Ce retard est dû à plusieurs facteurs notamment ceux relatifs à l’acquisition des équipements et à la budgétisation du laboratoire. Deux appels d’offres avaient été lancés pour l’acquisition de la première partie des équipements, estimée à 480 millions de DA, mais qui avaient été déclarés infructueux pour absence de concurrence dans les offres reçues. Afin d’illustrer l’importance de ce laboratoire pour assurer le contrôle, M. Bouzriba cite certains fabricants de lampes qui classent faussement leurs produits dans la classe A (moins énergétivores), « car ils savent pertinemment qu’il n’y a aucun contrôle ». Pourtant, la loi actuelle relative à la maîtrise de l’énergie prévoit, dans une de ses dispositions, le contrôle d’efficacité énergétique qui permet de constater et de certifier la conformité aux normes relatives au rendement énergétique des équipements, matériels et appareils. Ce contrôle, précise ce texte législatif, « est assuré par des organismes et/ou des laboratoires compétents, chargés de la certification et de l’homologation et agréés par les ministères concernés ». Mais selon des experts, l’absence de procédures de contrôle est une lacune qui entrave l’application de ce dispositif. En effet, expliquent-ils, « n’importe quel importateur ou fabricant peut mentionner ce qu’il veut sur l’étiquette sans pouvoir être démenti. Et le mauvais produit finira ainsi par chasser le bon. D’où l’importance de mettre en place un instrument de contrôle des normes sur l’étiquetage qui permettrait d’éviter l’ouverture aux abus de toutes sortes de pratiques de la part d’entreprises peu scrupuleuses ». Interrogé sur le projet de révision de la loi actuelle sur la maîtrise de l’énergie et les motifs de cette révision, M. Bouzriba fait savoir que la première mouture de ce nouveau texte est finalisée et qu’elle sera transmise aux différents ministères. Il explique aussi les motifs de cette révision. Le premier responsable de l’APRUE relève en effet l’importance de l’instauration d’un contrôle de l’efficacité énergétique dans les différents secteurs. Il ajoute qu’il s’agit aussi de donner à l’APRUE le rôle qui lui revient de droit. « Il faut attribuer à l’APRUE les moyens nécessaires pour qu’elle puisse se déployer sur tout le territoire national à travers des annexes et des agences et pouvoir être la plus proche possible des citoyens».

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