Accueil » Régions » Mostaganem: La mendicité infantile, un sinistre fléau

Mostaganem: La mendicité infantile, un sinistre fléau

Lutter contre l’épineux problème des fléaux sociaux, nettoyer la société de certaines pratiques dévergondées, enfin préserver certaines valeurs humaines sont, semblerait-il, la volonté avouée des pouvoirs publics mais insuffisante. Mostaganem, entre autres, n’échappe pas au phénomène de la mendicité des enfants. Mais comment faire contre tous ces enfants, à très bas âge qui sillonnent les avenues et les boulevards avec une main tendue, balbutiant des phrases souvent incomprises ? Ils demandent la charité à outrance des heures entières et sans discontinu. Ils sont très nombreux, visiblement sous la pression de la mère, ils doivent arracher quelque chose aux passants .On en trouve partout, devant les ralentisseurs, aux feux rouges, sur les trottoirs, sous les arcades, à l’entrée et à la sortie des mosquées, ils pullulent dans les espaces urbains. Ils sont là, mal habillés presque déshabillés pour la compassion, souvent en «tenue de travail» exigée par celles qui accompagnent, par la chargée de la caisse. Des enfants oui, nos enfants, les nôtres, ils sont là dans la rue au lieu d’être à l’école. Ceci, est un nouveau fléau, un vrai faux fléau social qui ne cesse de prendre des dimensions inquiétantes .Inquiétantes, certainement car l’on pourrait croire que c’est l’école de la délinquance .Une école qui se structure de jour en jour devant nous tous, devant ceux qui voient passivement grandir cette tare sociale et restent indifférents. Comment est-ce possible que dans un Etat où la scolarisation est obligatoire, où la maltraitance des mineurs est passible de prison, on laisse faire à ce point. On dirait que voir des enfants mendier, ne préoccupe personne. Comme si l’on abdiquait devant un fléau social grandissant. La mendicité infantile n’est-elle pas un délit? L’Etat algérien se déploie pour construire des infrastructures éducatives et dans les villes, on y croise des nombres d’enfants incalculables pratiquant la mendicité. C’est inconcevable. Cette situation ne doit plus être une fatalité, les enfants doivent aller à l’école. Cependant, il y a à délimiter la responsabilité de chaque secteur. Est-ce que le secteur de l’éducation s’occupe exclusivement des enfants scolarisés ? Qui doit donc s’occuper d’éduquer ces armées de bambins qui tombent dans la mendicité ? Il y a un danger et les mesures de prévention doivent en tenir compte de cette menace. Il faut se rendre compte que la mendicité infantile n’est pas uniquement une responsabilité des associations de protection des enfants c’est la loi qui doit éradiquer ce phénomène. En Algérie, on a lutté contre toutes les formes de fléau, par des campagnes de sensibilisation, des mesures d’urgence, etc… Mais pourquoi on ne s’attaque pas à ce fléau ? Aux enfants, on fait tendre la main, plutôt les mains car à la clé, il y a beaucoup d’entrées de monnaies fraîches. Les enfants on les utilise, on leur enseigne la mendicité. Il semblerait que dans beaucoup de cas, certains bambins sont loués, à la journée, par leur famille. Ceci, s’il s’avère vrai, c’est l’aberration dans toute sa grandeur. La présence persistante des enfants mendiants dans les rues constitue un facteur, humainement et socialement insoutenable et qui comporte, en outre, des conséquences ravageuses à l’avenir. Y a-t-il un plan national prévu pour faire face à ce phénomène et prendre en charge, par la loi, les enfants de la rue ? La loi pour la protection des mineurs devra être appliquée même dans l’exploitation des enfants par la mendicité. Que doit-on faire alors pour voir tous ces enfants sur des bancs de l’école ? Il est inadmissible de voir utiliser des enfants pour susciter la pitié. Un débat social reste à engager pour sensibiliser la société sur un grave et dangereux fléau qui menace la société. Les causes sont connues et les conséquences aussi, il faut maintenant agir pour mettre fin à ces pratiques désolantes. La société, dans toutes ses composantes, ne doit plus accepter un tel désarroi des enfants, elle doit rejeter que l’on contraigne l’enfant à mendier. Chez nous, il a été mis sur pied tous les dispositifs pour prendre en charge la femme battue, la femme célibataire, les enfants illégitimes, les personnes âgées. Y a-t-il un dispositif légal pour empêcher d’utiliser un enfant à la mendicité ? La mendicité en général et celle des enfants en particulier a besoin d’une approche multisectorielle car c’est la responsabilité de tous. Une stratégie de lutte contre le phénomène s’impose et doit impliquer tous les acteurs sociaux. Le secteur de l’éducation nationale pourrait se pencher sur le phénomène. Car c’est d’abord par l’éducation qu’il faut entamer l’éradication du phénomène. La rigueur de la loi devra assister toutes les mesures à prendre contre l’exploitation des enfants. Nous devons tous ouvrir l’œil, car protéger les enfants aujourd’hui, pour leur assurer un avenir sain, est un investissement humain non négligeable pour notre société.

À propos Charef Kassous

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*