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Mise en oeuvre de la planification familiale: Tout le monde est concerné

C’est un véritable secret de polichinelle de dire que la croissance de la population est une  bombe à retardement. Les spécialistes en démographie et en économie n’en reviennent pas. Ils sont unanimes à dire que seule la planification familiale est la solution .Evaluée à plus de 42 millions d’habitants avec cependant un bond aussi significatif et jamais égalé, qui s’élève à 1 million d’habitants par an depuis cinq ans, cette croissance inquiète désormais. A combien elle sera évaluée en 2030? Aura-t-elle, d’ici là, le même niveau de croissance annuelle ? Si tel sera le cas, aura-t-elle un impact sur l’économie ? Autant de questions auxquelles il va falloir aux spécialistes et économistes de répondre. Le moins que l’on puisse dire est qu’en ces temps d’austérité budgétaire des secteurs stratégiques de la planification familiale à l’image de la santé et la solidarité et les assurances, on ne doit pas se vanter d’avoir atteint cette planification familiale, qui exige, avouons-le, non seulement des budgets sectoriels autrement dits importants mais également une politique de prévention et de sensibilisation des partenaires concernés. Le plus important de ces partenaires est «la famille». Ainsi par exemple, l’accouchement «avancé» et le retour accentué vers l’espacement des naissances en vigueur de 1983, pourraient constituer une alternative. Le secteur de la solidarité, le premier censé supporter les dépenses familiales déduites de la croissance de la population (carte Chifa, allocations, pensions des handicapées etc), est autant impliqué dans cette politique prévention. En somme, autant dire qu’avec 70 dollars le baril, le redressement des cours de l’or noir, pourrait compenser la différence mais pour combien d’années! Une croissance de la population, en d’autres termes, qui pourrait affecter de plein fouet la croissance économique si des mesures n’étaient pas adoptées comme la planification familiale. Certes, on consent à admettre que les indicateurs de l’économie qui ne sont pas roses qu’on le croit avec des cours incessamment fluctuants des cours du pétrole, devront se montrer  très attentifs à l’égard de cette expansion a priori galopante de la population. Cela risque d’entacher les efforts du plan de croissance économique entré depuis 2016. Les autorités algériennes sont conscientes des enjeux de cette croissance démographique inquiétante. Elles appellent aujourd’hui à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la population, à la mobilisation générale autour de la planification familiale 2017-2020. Conjoncture oblige. Tous les secteurs sont plus que jamais interpellés pour passer le cap de cette planification. D’ailleurs, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Mokhtar Hasbellaoui, a mis l’accent, mercredi à Alger, sur l’implication de tous les secteurs pour la vulgarisation de la mise en oeuvre de la planification familiale 2017-2020 tracée par le ministère. « Encourager la grossesse , oui » mais pour une grossesse planifiée .Lors d’une allocution prononcée en son nom par le directeur de la formation au ministère, Ait Messaouden, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la population, placée cette année par l’Organisation des Nations Unies (ONU) sous le thème « Planification familiale: un Droit de l’homme », M. Hasbellaoui a surtout plaidé pour la nécessité d’améliorer la formation continue et d’impliquer les autres secteurs dans cette opération à l’instar du rôle des jeunes et les cellules de communication relevant du ministère de la Solidarité nationale, les mourchidate, les imams, les membres de la commission nationale de la planification familiale et les médias. A tous ces partenaires, s’ajoute, « la société civile « . La croissance accélérée de la population depuis 2013 à ce jour estimée à plus d’un (01) million habitants par année « pourrait entraver la croissance économique », a affirmé M. Hasbellaoui . Il souligne l’impératif de vulgariser le planning familial, d’encourager la grossesse, d’améliorer la santé de la mère et de l’enfant et de réduire le taux de mortalité pour ces deux franges de la société ». Il met l’accent sur le renforcement de la prévention des handicaps liés à la grossesse, dus à l’accouchement à un âge avancé, tardif et rapproché » en associant les couples dans ce programme de manière volontaire. Le ministre a rappelé que le planification familiale a été introduite depuis les années 60. Elle a été développée avec le Plan national pour la protection de la santé Mère-Enfant et l’espacement des naissances en 1974 avec le lancement du programme national de maîtrise de la croissance démographique en 1983, est « parmi les priorités de la santé publique ». Il ajoute que près de 60 % du recours aux moyens contraceptifs a été enregistré depuis, soit 3 millions de femmes sur un total de 5,3 millions de femmes mariées en âge de procréation. Il a rappelé, à ce propos, nombre de centres de planification familiale, soit plus de 300 centres à travers le pays depuis 1994, outre 1.500 polycliniques et 1.300 salles de soin assurées par 2.800 sages-femmes et 1.500 médecins généralistes aussi bien que des médecins spécialistes. En dépit de cette avancée enregistrée dans le domaine, le ministre de la Santé a fait état de certains « dysfonctionnements » au niveau de la planification familiale, dont le recours par certains couples aux moyens traditionnels à la contraception, outre les disparités régionales, mettant l’accent sur l’impératif de renforcer l’information et la communication et la mise à contribution du secteur privé et des pharmaciens, ainsi que la recherche scientifique pour mieux comprendre les comportements de l’individu en ce qui concerne la planification familiale.

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